Expo photos

Le 17 mai 2008 avec quelques amis photographes amateurs nous organisons une expo photos (une première), de 10 h à 19 h, dans l'église de Villers-Saint-Sépulcre (Oise). Paysages, insectes, oiseaux de l'Oise...voilà ce que l'on pourra y voir. Si vous êtes dans le coin, n'hésitez pas à passer.
Dimanche 19 février 2006

é, è, ê, à, où, Ah que cela fait du bien de retrouver ces accents chéris après une semaine passée en Angleterre ! Huit heures de trajet ont suffi pour rallier Bath à Berthecourt. Je reprend ici mes notes prises dans le ferry entre Douvres et Calais :

Au volant de ma « ladybird », je rentre dans la gueule béante du Berlioz, impressionnant Moby Dick d'acier. D'autres véhicules m'ont suivi et leurs passagers s'apprêtent, d'ailleurs, à gravir les escaliers qui mènent vers les plate-formes supérieures. Les langues se délient, celles de Molière et Shakespeare semblent incontournables mais, à bien y écouter, on entend les chuchotements de Goethe et Andersen également. J'essaie de prendre mes marques dans ce somptueux ferry où, sur deux étages, s'alignent bars, jeux vidéo et boutiques. De confortables fauteuils rouges et de larges banquettes jaunes accueillent des postérieurs que j'imagine roses pâles. Après avoir soustrait un journal d'une pile prévue à cet effet, j'échoue sur un siège beige. La Voix du Nord m'apprend que la souche H5N1 (grippe aviaire) a été détectée sur un canard, retrouvé mort dans l'Ain, et qu'il ne faut plus s'approcher des oiseaux migrateurs. C'est bien dommage, j'avais justement l'intention d'inviter un couple de cormorans et deux ou trois amis canards pour un barbecue ce week-end ! A trois mètres du fauteuil, une télévision diffuse l'épreuve de saut à ski par équipes des JO de Turin, je jette un oeil et voit le Norvégien Lars Bystoel s'envoler. J'admire ce skieur parti tutoyer les oies sauvages de si près sans se soucier des recommandations du canard du jour. A bâbord, la boutique du Berlioz ouvre et de jeunes adolescentes britanniques s'y précipitent et s'aspergent d'eaux de toilette et de parfums en tout genre. Je me dis que cela doit quand même faire mal sur autant de boutons ! Ne supportant pas les gloussements hystériques de ces jeunes anglaises je prend le large et remarque, à travers les baies vitrées, les premières lueurs des côtes françaises. Je cherche à sortir pour voir Calais de nuit mais ce n'est pas de la dentelle !!! Différent des autres ferrys, le Berlioz ne possède, en effet, aucun accès latéral. Je finis, toutefois, par trouver une porte à l'avant du bateau. Une feuille, scotchée à la va-vite, recommande de rester prudent car le sol est glissant. Une fois dehors, les infrastructures portuaires de Calais se rapprochent assez vite et les petites lueurs, constatées de la baie, laissent place à un éclairage jaunâtre et à une atmosphère peu commune.

 

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Vendredi 17 février 2006

Avant mon retour en France (depart de Bath demain vers midi), je voulais absolument revenir au cimetiere de Locksbrook qui se trouve a l’ouest de la ville, dans le quartier de Weston. Ouvert en 1864, ce cimetiere victorien fait office de parc et une balade en son sein est loin d’etre morbide. Une meteo clemente m’a permis, ce matin, d’y retourner pour la cinquieme ou sixieme fois (quand on aime, on ne compte pas !) et de prendre quelques cliches,d’ailleurs, prochainement visibles sur ce blog.

De nombreuses allees boisees permettent de faire le tour de ce cimetiere et de voir, entre autre, une eglise, une vue remarquable sur la ville ou l’on distingue notamment l’abbaye, ainsi que de nombreuses pies et "squirrels". Ces derniers sont en fait des ecureuils gris, originaires d’Amerique du Nord, introduits a la fin du XIXe siecle en Angleterre comme animaux de compagnie. Ces charmants petits rongeurs sont, neanmoins, la cause de la disparition de l’ecureuil roux en Grande-Bretagne meme si les mecanismes de substitution d’especes ne sont pas encore connus. Cet ecureuil a egalement ete introduit dans le nord de l’Italie en 1948. Des specialistes ont constate la disparition progressive de l’ecureuil roux dans ce pays et envisagent l’arrivee des "squirrels", en France, d’ici 30 a 50 ans (l’aire de repartition de l’espece s’accroissant de 17 km carre par an)! Je precise qu’aujourd’hui l’Union europeenne interdit l’introduction d’especes exotiques, afin notamment de proteger les especes indigenes.

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Jeudi 16 février 2006

Je suis toujours a Bath et "It’s raining cats and dogs" comme ils disent ici (qu’il vaut mieux traduire par "il pleut a verse" que "il pleut des chats et des chiens" bien que certains ch’tis disent "il pleut des ours"… Bon revenons a nos moutons, en l’occurrence la ville de Bath et plus precisement aujourd’hui : le XVIIIe siecle.

 C’est vraiment durant cette periode georgienne (1714-1830) que bath connait un essor considerable. Le roi George I decreta publiquement que les eaux de Bath etait bonne pour la sante. Il n’en fallut pas moins pour que la ville devienne le centre social de l’Angleterre ou toute la noblesse aimait se retrouver. De par l’homogeneite et la qualite de son architecture, Bath est l’unique ville du Royaume Uni inscrite sur la liste du patrimoine mondial. En effet, au XVIIIe siecle, quatre personnages eurent l’ambition d’en faire l’une des plus belles cites d’Europe : John Wood (pere et fils), Ralph Alen et Richard "Beau" Nash. Ils construisirent de grand batiments publics et des ensembles monumentaux de style neo-classique. Ci-dessous vous trouverez les plus beaux exemples de cette architecture qu’il est possible de contempler en une demi-journee (mais au pas de course alors…) : 

Le Circus : Acheve en 1754, le circus est un des premiers projets de John Wood l’aine qui mourrut avant la fin des travaux. Il s’agit d’un cercle de maisons toutes semblables, auxquelles on accede par trois rues equidistantes l’une de l’autre (3 segments de 33 demeures chacun). Chaque tiers comprend 11 portes toutes differentes. Les habitations possedent quatre etages ce qui permettaient, au XVIIIe siecle, de receptionner les visiteurs, (rez de chaussee), de loger les familles (premier et deuxieme), de loger le personnel (troisieme). Le sous-sol, quant a lui, servait a la cuisine et aux autres serviteurs. Les facades sont decorees de colonnes corinthiennes et differents symboles sculptes, representent les differents metiers des habitants du circus. Mais l’observation de ces sculptures laissent souvent place a l’imagination ainsi la representation d’un telescope fait elle reference a Isaac Newton ou tout simplement a la passion du proprietaire de cette maison pour l’atronomie ? En revanche, les glands sculptes sur le parapet rappele la legende du prince Bladud (voir article du 13 fevrier 2006).

 Le Royal Crescent : Cet ensemble de 30 maisons, aux pierres du pays couleur miel, possede une architecture incurvee en forme de demi-ellipse. Il s’agit du chef d’oeuvre de John Wood fils. La construction de cet ensemble, aux facades monumentales, s’echelonna entre 1767 et 1774. On peut denombrer 114 colonnes ioniques geantes qui vont du premier etage a la balustrade. C’est pour moi, le batiment incontournable de la ville. Au numero 1 se trouve un musee qui abrite une collection de mobilier ainsi que des porcelaines et de la verrerie du XVIIIe siecle. Aux numeros 15 et 16, situe au centre de l’edifice, se trouve le Royal Crescent Hotel que l’on reconnait facilement a son portier de faction et ou le prix des chambres commence a 185 livres (pres de 300 euros) !!! C’est un endroit grandiose que j’ai eu la chance de decouvrir, avant hier, pour un repas de Saint-Valentin. Je remercie, au passage, la personne qui m’a fait cette belle surprise. Elle se reconnaitra. Le Royal Crescent est egalement mis en valeur par un parc grandiose : le Royal Victoria Park.

 Le Pulteney Bridge : Ce pont construit entre 1769 et 1774 fut concu par Robert Adam. Il est borde de chaque cote par de petites boutiques, des pavillons a domes et comporte une fenetre centrale venitienne. De ce pont, un escalier vous menera le long du fleuve Avon ou vous pourrez faire des excursions en bateau. C’est tres tres agreable… Les boutiques se trouvant sur ce pont ne sont pas interessantes, genre pieges a touristes a moins que vous ne recherchiez un de a coudre ou un stylo a l’effigie de la ville.

 La Pump room (Pavillon de la source) : Par manque de temps et d’informations plus precises je me refere a mon guide Vert Michelin qui dit ceci : "Le pavillon actuel, construit en 1789-1799 apres la mort de John Nash, est presidee par sa statue. Sa decoration interieure est elegante avec des pilastres ornementaux a chapitaux dores, un plafond a caissons…La baie arrondie surplombant King’s Bath abrite la source a laquelle on peut toujours boire."

 Il faudrait ajouter a cette liste bien d’autres batiments ou lieux caracteristiques du bath georgien comme le Prior Park, l’Assembly room, le Queen Square… mais il ne vous resterez alors plus rien a decouvrir… Il existe un ouvrage de reference sur la question :

- Annick Cossic, Bath au XVIIIe siecle, les fastes d’une cite palladienne, 2000, Rennes.

Encore un peu de patience car d'ici quelques jours une serie de photos viendra agrementer cet article ainsi que les precedents.

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Mercredi 15 février 2006

Voici donc le troisieme volet de mon escapade anglaise avec a la clef la Bath medievale. Nous en etions reste sur la vision d’une ville marecageuse (non entretien des canalisations romaines) sur le declin. Les Saxons s’emparerent, neanmoins, de la ville, au VIe siecle et construisirent une fortification puis, au VIIIe siecle, au debut du regne du roi Offa, ils fonderent une abbaye, pres de l’ancien temple romain. Le premier roi d’Angleterre, Edgar, fut couronne dans cette abbaye saxonne en 973.

 

Les barons normands detruisirent la ville et Jean de Tours (dit de Villula), eveque du Somerset siegeant a Wells, acheta la ville pour 500 livres. En 1090, il transfera le siege episcopal de Wells a Bath et la ville connut alors un rayonnement religieux d'importance et ce jusqu’en 1206. Jean de Tours entreprit la creation d’un vaste prieure benedictin, d’un palais, d’une maison d’hotes, de nouveaux batiments pour heberger les bains mais c’est sous l’episcopat de Robert de Lewes (1136-1166) que fut elevee une abbatiale. Centre religieux d’importance, au milieu du Moyen age, Bath fut egalement connue pour son industrie lainiere. Apres la demolition vers 1495 de l’abbatiale romane, l’eveque Oliver King, en 1499, entreprit l’edification d’une nouvelle abbaye. La legende pretend que, dans l’un de ses reves, des anges l’ont persuade de demolir les ruines de l’abbaye normande et d’en construire une nouvelle. Ce songe a ete materialise, de facon symbolique, sur la façade de l’abbaye (encore visible actuellement) par la sculpture de deux echelles conduisant au paradis avec des anges gravissant les echelons. Cette abbaye de style Perpendicular tardif fut restauree a la fin du XVIe siecle. Elle a la particularite de posseder plus de fenetres que de murs d’ou son surnom de "lanterne de l’ouest".

 

Il est possible de se plonger dans le Bath medieval en rentrant dans cette tres belle abbaye qui comporte notamment une voute a nervure en eventail, realisee par Robert et William Vertue mais aussi en se rendant dans une des cryptes et visiter l’Abbey heritage vaults, musee dedie a l’histoire de l’abbaye et ou l’on peut admirer du mobilier trouve lors des fouilles (carreaux de pavement, sculptures…)

 

Pour les amateurs de polars, je signale que le roman de Peter Lovesey, Une main dans la tombe, a pour trame de fonds l’abbaye de Bath et plus particulierement l’une des cryptes ou est decouvert un crane de femme…

 

Mais la ville de Bath vous reserve encore quelques bonnes surprises architecturales que j’aborderai tres prochainement… See you soon…

 

Voici quelques clefs webiques sur le sujet :

 

 

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Mardi 14 février 2006

Voila je reprend le fameux clavier "Qwerty" britannique ou je ne peux malheureusement pas mettre les accents et ou, comme par magie, les "A" deviennent des "Q". Apres avoir evoque hier quelques considerations geographiques et mythiques de la ville de Bath, je poursuis le voyage en vous evoquant la Bath romaine.

 

En 43 apres J-C, sous l’empereur Claude, les Romains conquirent cette region et trouverent une source d’eau chaude dont la temperature atteignait 46 degres et deversait plus d’un million de litres d’eau par jour. Les Celtes furent les premiers a se servir de cette source dediee a la deesse Sulis. Les Romains construisirent vraissemblablement, dans un premier temps, un fort dans les environs puis dans les annees 60 et 70 commencerent l’amenagement du site, qu’il nommerent Aquae sulis (les eaux de la deesse Sulis), en construisant une enceinte autour de la source. S’ensuivit la construction d’un temple dedie a la deesse Sulis Minerve (assimilation de la deesse celte Sulis a la deesse romaine Minerve) puis de bains. La construction de ce gigantesque "complexe thermal" s’echelonna du Ier au IVe siecle de notre ere.

Le temple devait ressembler a la maison carree de Nimes et son fronton possedait, en son centre, la sculpture d’une tete de Gorgone masculine avec une moustache. Cette derniere fut retrouvee lors de fouilles au XVIIIe s. Elle ressemble plus au soleil ou a un dieu celtique et les specialistes se posent encore beaucoup de questions a son sujet. La tete d’une statue de Sulis Minerve fut egalement mise au jour lors de ces fouilles. Nombreux furent les visiteurs a donner des offrandes en l’honneur de la deesse et de la source sacree (soucoupes avec de la nourriture, pieces…)

L’eau de la source etait beaucoup trop chaude pour que l’on puisse directement s’y baigner et un ingenieux systeme de canaux permettait d’alimenter, a des temperatures differentes, de multiples bassins. Au Ier siecle, on avait le choix pour se baigner entre une grande piscine, une plus petite, le calderarium ou le frigerarium. De multiples salles furent ajoutees ou modifiees, a cet ensemble, les siecles suivants.

Ce n’est qu’au XVIIIe siecle que l’on decouvrit, par le biais de fouilles archeologiques, l’origine romaine de la ville de Bath. Depuis, ces decouvertes constituent un atout touristique majeur pour la ville. Ainsi aujourd’hui la visite des Bains romains est une etape essentielle dans la decouverte de la ville qui ne manquera pas d’en surprendre plus d’un tant par l’etat de conservation du "complexe thermal" que par sa qualite museographique. Apres un droit d’entrée de 10 livres (11 livres en juillet et aout) pour un adulte (environ 15 euros, bourses sensibles s’abstenir), on vous remettra un audioguide en Francais et vous plongerez ainsi dans le passe romain de Bath. Une maquette de l’ensemble du site permet d’avoir une idee plus precise sur son importance. Les soirs d’ete, des visites sont proposees, et il est possible d’apprecier l’athmosphere du Grand Bath a la lumiere de torches. Le visiteur peut egalement gouter un verre d’eau de la source dans la Pump Room.

La prosperite d’Aqua Sulis ne dura pas car les invasions barbares de 577 en exterminerent et chasserent les habitants. Les canalisations non entretenues s’engorgerent et la source deborda et inonda les environs. Qu’allait devenir cette ville ??? Suite au prochain episode…

Liens a consulter :

- http://www>antiquite-vivante.ch/pharos/pharos8.pdf

- http://freespace-virgin.net/bunny-hole/bath/french/bains.html

- http://www>romanbaths.co.uk

par MAIMBOURG publié dans : Royaume-Uni
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