Ce soir je vous propose le troisième et dernier volet concernant la présentation du terroir de la moyenne vallée du Thérain (extrait de mon D.E.A : Maimbourg Bruno; Histoire du peuplement et de l'organisation spatiale d'un terroir de la moyenne vallée du Thérain. Exemple des communes actuelles de Bailleul-sur-Thérain, Berthecourt, Hermes, Montreuil-sur-Thérain et Villers-Saint-Sépulcre; 2000)
Une occupation ancienne attestée
Par le biais de la toponymie, de la documentation écrite et des fouilles archéologiques, nous pouvons avoir une idée de l'évolution du peuplement sur ce terroir (...)
L'occupation est attestée, au moins, depuis le Néolithique. L'exemple de l'allée couverte de la Pierre-aux-Fées, à Villers-Saint-Sépulcre, est significatif. A celà, il faut ajouter le nombre considérable de silex retrouvés dans les labours (hâches, grattoirs, racloirs...). Deux bourgs ont une origine ancienne, Bailleul-sur-Thérain et Hermes. Pour le premier, l'archéologie protohistorique a permis de découvrir des vestiges de retranchements ainsi que la présence de monnaies gauloises. L'hypothèse d'un oppidum celtique semble vraissemblable. Sous la domination romaine, il est difficile de connaître la densité et le caractère de l'occupation humaine. A Hermes, les fouilles du XIXe siècle, ont mis au jour, près du hameau de Marguerie, deux sanctuaires ainsi qu'une nécropole romaine et mérovingienne comportant un mobilier important (des vases, une statue de cavalier à l'anguipède, des épingles...) L'habitat s'étendait sur près de quatre hectares et la découverte d'une inscription nous donne le nom de Ratumagus pour ce bourg. Vers l'an Mil, le terroir présentait donc deux pôles d'habitat ainsi qu'une multitude de hameaux et d'écarts qui existent encore de nos jours. Certains se sont développés comme Villers-Saint-Sépulcre, grâce à l'implantation d'un prieuré et l'introduction d'une relique sainte. D'autres, sont restés à l'état de hameau comme Caillouel (commune de Hermes), Parisifontaine (commune de Berthecourt). La toponymie semble indiquer pour certaines une origine mérovingienne ou carolingienne : Berthecourt, Méhécourt, Friancourt...
Une des caractéristiques principales de ce terroir est l'éparpillement de la population et donc sa médiocrité démographique. A l'époque féodale, "on préférait établir un nouvel habitat au milieu d'un défrichement récent, plutôt que d'agrandir le hameau et par la même augmenter la distance entre la maison et le champ" (Roblin Michel).

La Pierre-aux-Fées de Villers-Saint-Sépulcre (Oise)
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