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24 mai 2006 3 24 /05 /mai /2006 21:00

Ce soir je vous propose le troisième et dernier volet concernant la présentation du terroir de la moyenne vallée du Thérain (extrait de mon D.E.A : Maimbourg Bruno; Histoire du peuplement et de l'organisation spatiale d'un terroir de la moyenne vallée du Thérain. Exemple des communes actuelles de Bailleul-sur-Thérain, Berthecourt, Hermes, Montreuil-sur-Thérain et Villers-Saint-Sépulcre; 2000)

Une occupation ancienne attestée

Par le biais de la toponymie, de la documentation écrite et des fouilles archéologiques, nous pouvons avoir une idée de l'évolution du peuplement sur ce terroir (...)

L'occupation est attestée, au moins, depuis le Néolithique. L'exemple de l'allée couverte de la Pierre-aux-Fées, à Villers-Saint-Sépulcre, est significatif. A celà, il faut ajouter le nombre considérable de silex retrouvés dans les labours (hâches, grattoirs, racloirs...). Deux bourgs ont une origine ancienne, Bailleul-sur-Thérain et Hermes. Pour le premier, l'archéologie protohistorique a permis de découvrir des vestiges de retranchements ainsi que la présence de monnaies gauloises. L'hypothèse d'un oppidum celtique semble vraissemblable. Sous la domination romaine, il est difficile de connaître la densité et le caractère de l'occupation humaine. A Hermes, les fouilles du XIXe siècle, ont mis au jour, près du hameau de Marguerie, deux sanctuaires ainsi qu'une nécropole romaine et mérovingienne comportant un mobilier important (des vases, une statue de cavalier à l'anguipède, des épingles...) L'habitat s'étendait sur près de quatre hectares et la découverte d'une inscription nous donne le nom de Ratumagus pour ce bourg. Vers l'an Mil, le terroir présentait donc deux pôles d'habitat ainsi qu'une multitude de hameaux et d'écarts qui existent encore de nos jours. Certains se sont développés comme Villers-Saint-Sépulcre, grâce à l'implantation d'un prieuré et l'introduction d'une relique sainte. D'autres, sont restés à l'état de hameau comme Caillouel (commune de Hermes), Parisifontaine (commune de Berthecourt). La toponymie semble indiquer pour certaines une origine mérovingienne ou carolingienne : Berthecourt, Méhécourt, Friancourt...

Une des caractéristiques principales de ce terroir est l'éparpillement de la population et donc sa médiocrité démographique. A l'époque féodale, "on préférait établir un nouvel habitat au milieu d'un défrichement récent, plutôt que d'agrandir le hameau et par la même augmenter la distance entre la maison et le champ" (Roblin Michel).

La Pierre-aux-Fées de Villers-Saint-Sépulcre (Oise)

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17 mars 2006 5 17 /03 /mars /2006 20:00

Je poursuis ici le second volet concernant la présentation de la moyenne vallée du Thérain.

Un terroir proche d'une zone frontière :

Ce terroir est situé près d'une zone frontière. Pour s'en convaincre, il est possible de regarder une carte IGN de Noailles au 1/25 000. En effet, au nord de Bresles ; à 3 kilomètres de notre zone d'étude, se trouve le début d'une grande région agricole : le Plateau Picard. Celui-ci, comme son nom ne l'indique pas, est en fait une vaste plaine où le relief, les cours d'eau ainsi que les espaces boisés sont presque inexistants. L'agriculture a joué, et joue toujours, un rôle majeur pour cette région. Au sud de la carte, nous retrouvons une région plus verdoyante (nombreuses prairies près du Thérain, forêt de Hez-Froidmont...), elle est comme nous l'avons vu, mieux irriguée et plus vallonnée. Ce paysage correspond au Beauvaisis et au début du pays de Thelle. Cette vallée, par sa verdure et son humidité, a offert tout au long des siècles, des formes originales d'activités humaines comme la culture du chanvre, de la vigne ou encore les activités liés à la minoterie par exemple.

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14 mars 2006 2 14 /03 /mars /2006 20:00

Ce soir j’inaugure encore une nouvelle rubrique qui s’intitule « Histoire locale ». J’y mettrais le fruit de mes recherches concernant la Moyenne vallée du Thérain (Oise). Ce premier article a pour but de définir cette notion et aussi de délimiter ce terroir.

La zone d’étude choisie est située en Picardie, plus précisément dans le département de l’Oise entre les villes de Beauvais et de Creil. Elle s’articule autour d’une vallée drainée par le Thérain et comprend quatre communes actuelles du canton de Noailles (Berthecourt, Hermes, Montreuil-sur-Thérain et Villers-Saint-Sépulcre) et une commune du canton de Nivillers (Bailleul-sur-Thérain)

 

Un milieu naturel varié : une région vallonnée et bien irriguée :

Le Thérain constitue l’ « épine dorsale » 1 de cette micro-région. Cette rivière de 94 kilomètres de long prend sa source en Seine Maritime près de Grumesnil et se jette dans l’Oise à Creil. Notre zone d’étude se situe à peu près à mi-parcours d’où l’appellation de « moyenne vallée du Thérain ». Le Thérain, à son confluent, possède un débit de 2000 litres à la seconde. Par sa longueur et son débit, cette rivière est donc la plus importante du département après l’Oise. De nombreux ruisseaux et cours d’eau comme le Sillet et la Trye viennent alimenter son cours d’eau. Comme limite géographique, nous avons choisi l’emplacement de deux anciens moulins qui se trouvaient sur le Thérain ; en amont, le moulin de la Saulx (Bailleul-sur-Thérain) et en aval, le moulin de l’Isle (Hermes).

 

De part et d’autre des rives du Thérain, la vallée trouve des limites naturelles.

Sur sa rive gauche, un alignement de buttes tertiaires (« montagnes ») a constitué, aux différentes époques des sites défensifs privilégiés (Mont de Hermes, Mont-César, Mont du Quesnoy, Mont Bourguillemont). L’étude se bornera au Mont de Hermes et au Mont-César afin de ne pas se disperser sur un terroir trop vaste.

La rive droite du Thérain trouve pour limite un plateau à lambeaux curvilignes entrecoupés de nombreux vallons comme ceux du Val et de Nainval à Villers-Saint-Sépulcre.

Une centaine de mètres séparent le fond de la vallée (47 mètres de moyenne sur la rive droite du Thérain) des buttes (le Mont-César culmine à 138 mètres et le Mont de Hermes à 132 mètres au lieudit « La Tourelle ») et du plateau précédemment évoqué (Mont de Villers à 137 mètres, la « Plaine Saint-Arnoul » à 149 mètres). Cette déclivité offre à la région un aspect assez vallonné.

Au nord-est du terroir commence la forêt domaniale de Hez-Froidmont (superficie actuelle d’environ 2700 hectares).

C’est sur une terrain crayeux que repose le terroir. Les coteaux de la rive droite du Thérain sont constitués de couches de calcaire grossier proprement dit divisés en deux systèmes, l’un sablonneux inférieur, et le second en roche calcaire. Le sable forme les contours arrondis des coteaux. Le calcaire apparaît seulement au sommet pour établir le plateau des collines. C’est de ces hauteurs que la pierre, de plus ou moins bonne qualité sera extraite. Ainsi les hauteurs de Montreuil et de Hermes présentent d’anciennes carrières. Louis Graves2 précise que Fresnoy se trouve « sur le sable jaune rubanné, et Villers, un peu plus élevé, sur le sable à rognons sphéroïdes, portant un lit de calcaire glauconnieux friable contenant des lenticulites »

 

1 : Roblin Michel, Le terroir de l’Oise aux époques gallo-romaine et franque ; peuplement, défrichement, environnement, Paris, 1978, p. 246

2 : Graves Louis, Précis statistique du canton de Noailles, Beauvais, 1842, p. 18.

 

Prochainement nous verrons que ce terroir est proche d’une zone frontière et que son occupation est attestée depuis très longtemps…

 

 

 

 

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